Introduction

Pour ce premier article, je vais faire un petit récapitulatif du travail accompli à ce jour afin de situer le point de départ de notre aventure (présentation du blog: ici)

Après quelques essais sur la lutte du Ringeck au printemps 2011, nous avons commencé en juin à nous focaliser sur la partie lutte du Codex Wallerstein.

Première lecture

En partant du facsimilé du manuscrit, de la traduction partielle en français faite par l’ARDAMHE et de la traduction anglaise faite par Grzegorz Zabinski, nous avons mener le premier travail de l’étude d’une source d’AMHE: lire le manuscrit en entier pour en comprendre la structure et avoir une premiere idee du système.

Ce qui est sortit cette première lecture:

L’introduction du manuscrit présente les fondements théoriques liés à la pratique de la lutte ainsi que les deux finalités de pratique : une ludique, l’autre sérieuse.

Comme l’escrime à l’épée longue, il mentionne les notions de vor, nach et d’indes et mentionne en plus les notions de force, de mesure et d’habilité.

Il est sous entendu que la force résulte plus de la bonne utilisation du levier de son corps relativement à celui de l’adversaire que de la force physique pure. Il est dit que pour être fort, il faut s’abaisser dans la position de la balance, c’est à dire qu’il faut être en équilibre sur ses appuis.

La mesure consiste en un placement du corps approprié dans l’espace et le temps.

L’habilité consiste en un corpus de pièces comprenant les percussions, les clés articulaires et certaines projections.

Le texte divise les pratiquants en trois catégories, un adversaire plus faible, égal ou plus fort que soi; et donne le conseil de lutter contre les premiers dans le vor avec force, les seconds dans l’indes avec mesure et contre les derniers avec habilité dans le nach.

Le texte du manuscrit est globalement divisé comme suit :

–   Comment utiliser une traverse (twirch = zwerch)

–   L’adversaire vous tient dans une étreinte sous les bras par devant

–   L’adversaire vous a crocheté une jambe (hacken)

–   L’adversaire vous tient au col par devant

–   L’adversaire vous tient dans une étreinte sous les bras par derrière

–   L’adversaire vous tient dans une étreinte au-dessus des bras par derrière

–   L’adversaire vous tient au col par derrière

–   L’adversaire vous frappe avec les poings

Les pièces peuvent décrire des :

–   projections (technique aux hanches, aux jambes, aux talons)

–   clés articulaires (doigt, coude, épaule, genou)

–   frappes (pieds et poings)

–   attaques aux parties sensibles (oreilles, yeux, nez, gorge, entre jambes)

Le Codex Wallerstein ne présente aucun étranglement.

Pour information, je mettrai en ligne, d’ici à cet été, une traduction intégrale du manuscrit en français, complétant le travail de l’ARDAMHE.

Première interprétation

Nous nous sommes ensuite attaché à interpréter chaque pièce dans l’ordre dans lequel elles se présentent dans le manuscrit.

La vidéo ci-dessous est le résultat de ce travail. Il manque quelques pièces: 19r, 37v et celles, d’un intérêt limité, de la fin du manuscrit (comment détrousser un paysan…). Nous lisions une pièce, essayions de la comprendre et après quelques répétitions, nous filmions le résultat pour garder trace de sa mécanique globale (i.e. le bras doit être à gauche du corps). Aussi ne soyez pas étonné si les protagonistes manque d’intention ou de justesse technique lorsqu’ils démontrent les pièces.

(je n’ai fait qu’un effort minimal de montage…les vidéos qui suivront seront de meilleure qualité 😉 )

A partir de ce travail initial, nous avons commencé à pratiquer des assauts qui donnent de plus en plus satisfaction, de par le nombre de pièces que nous arrivons petit à petit à reproduire (le plus dur n’étant pas forcement la pièce en soi mais la façon de l’amener).

La suite

Nous allons maintenant commencer une seconde lecture du manuscrit et je posterai ici nos reflexions sur le système, ses principes et l’ensemble des pièces du manuscrit au fur et à mesure que nous les travaillerons.

Bonne pratique,

Alexander

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9 responses to “Introduction”

  1. Thearos says :

    Très intéressant. Sur le petit film, 1.34, il doit s’agir de la manoeuvre 38r (Item mer wenn ainer also auf dir ligt).

    Comment appelez-vous ce genre de prise ?

    Je ne comprends pas bien la suite, une fois qu’on s’est « assis »…

    Voir aussi

    http://www.fioredeiliberi.org/phpBB3/viewtopic.php?f=12&t=17124

    • Alexander says :

      Salut,

      Je n’ai pas de nom pour cette prise mais c’est effectivement la 38r.

      Il faudrait que je fasse une nouvelle vidéo de cette pièce pour montrer les suites possibles, du moins celles auxquelles nous avons pensé. Le texte ne décrit effectivement pas de suite une fois la pièce terminée mais voici ce que nous faisons:

      – l’adversaire nous « presse » (sprawl),
      – je prend les bras pour éviter qu’il ne passe dans mon dos, je m’assoie et le fait passer par dessus moi (note: à ce stade, je préfère mettre le tête sur le flanc de l’adversaire ou bien en bas de son ventre qu’au milieu de son estomac afin de solliciter les cervicales le moins possible). Ceci constitue la fin de la pièce.
      – Mon adversaire est maintenant sur son dos et je suis par dessus lui avec mon dos sur son torse. A partir de cette position je me retourne dans la continuité du mouvement pour me retrouver au dessus et face à lui dans une position où je le cloue au sol, soit pour rester et le contrôler, soit pour avoir une meilleure position à partir de laquelle je pourrai me relever.

      Personnellement, je trouve la 37v (absente de cette vidéo) plus pratique pour sortir de cette position, mais nos sparrings nous font penser qu’on peut très bien passer de l’un à l’autre (tenter 38r, ça ne marche pas, passer en 37v). On pourrait même dire que ce sont des variantes sur un même thème (soit je reste dans l’axe, soit je sors ma tête et mon corps sur le coté).

      Alexander

      • Thearos says :

        Merci de la réponse ? effectivement, essayer de ménager les cervicales doit être impératif La chute de côté doit aussi obtenir cet effet ?

        A +

      • Alexander says :

        Même finalité.

        D’après ce que nous avons testé: soit on garde la tête au milieu si le corps de l’adversaire est engagé pour le faire passer par dessus soi dans l’axe, soit, si l’adversaire n’est pas suffisamment engagé, on peut mettre la tête sur le coté pour le faire tomber l’autre sur le coté (un peu comme sur notre vidéo).

        Alexander

        ps: we can speak in English if you’d like

  2. Thearos says :

    Non, ça va, je viens de Genève (mais je vis en Angleterre depuis 11 ans). Je n’ai pas complètement visualisé les « coups secrets » dans Wallerstein– des coups de coude ? pour dégager assez d’espace pour se retourner ?

    • Alexander says :

      OK (j’ai franchi la Manche dans l’autre sens 😉 )

      Le concept de pièces secrètes est assez vague en fait et c’est un sujet que je n’ai pas non trop étudié (on se concentre sur l’aspect « ludique » de la lutte avant d’aller explorer le coté obscur de la force…). En retournant dans le texte, je constate qu’il ne l’associe explicitement qu’à une pièce et c’est une clé (pas de frappes donc). Toutefois dans la 16v et la 37v, je penche plutot pour des frappes…à creuser.

      Par contre je ne vois pas tellement quelle clé on pourrait faire pour sortir de cette prise (37v)…peut être prendre des doigts comme ailleurs dans le manuscrit pour sortir de l’étreinte?

      Alexander

  3. Thearos says :

    Look forward to seeing vid of 37 v !

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