Archive | juin 2012

Finalités des pièces de lutte du Codex Wallerstein

Le Codex Wallerstein présente clairement deux pratiques: l’une ludique, l’autre s’approchant d’une logique de self-defense.

Si le but de la self est assez clair, en l’absence de règlement de pratique, la finalité de la lutte ludique est assez floue.

Après la première lecture du manuscrit, je me suis dit que nous devions concentrer notre pratique sur le fait de faire chuter l’adversaire en réduisant les temps de jeu au sol et le limiter au fait de se relever ou à un contrôle en position supérieure ou un retournement en position inférieure. L’objectif du pratiquant est donc clair: faire tomber l’autre et si l’on tombe avec lui: se dégager d’une position inférieure le cas échéant puis se relever ou contrôler l’adversaire.

Suite à une discussion avec Pierre Alexandre, j’ai quantifié cette appréciation en comptant les finalités présentées dans les pièces de lutte du Codex Wallerstein. J’ai repartie les finalités en plusieurs catégories:

  • chute,
  • repousser l’adversaire,
  • clef articulaire,
  • frappe,
  • attaque à un point sensible.

J’ai compté chacune des finalités des pièces, notamment lorsque celles-ci en comprenaient plusieurs. Sur les 103 actions recensées, on a la répartition suivante:

On notera que les clefs, les frappes, les contrôles, les attaques à un point sensible semblent être exclue de la lutte ludique. On a donc la répartition suivante:

  • Lutte ludique: 62%
  • Lutte « sérieuse »: 38%

La lutte « sérieuse »

La lutte de self inclue les pièces de lutte ludique ainsi que le reste du manuscrit couvrant: clefs, frappes, contrôles, attaques à un point sensible.

Il est à noter que certaines chutes sont inclues dans le répertoire de la self: 3 chutes sur la tête et 3 chutes simultanées à une clef articulaire (je lui casse le bras et le fait tomber dans le même mouvement).

Les clefs articulaires concernent uniquement des clefs de bras (poignet, coude, épaule) à l’exception d’une pièce parlant de faire pression sur le cou. Une pièces décrit une frappe sur la jambe sans qu’il ne soit clair s’il s’agit de simplement faire tomber l’adversaire ou lui briser le genou, je l’ai donc rangé avec les frappes. Toutes les clefs sont faites à partir d’une position debout.

Les pièces de frappes parlent de coups de poing, de frappes avec la main ouverte ainsi qu’un coup de pied frontal et un coups de genou.

Les attaques à un point sensible sont assez variées: pouce, trachée, entre-jambe, yeux.

Le manuscrit présente 2 contrôles debout et 2 contrôles au sol.

La lutte ludique

La lutte ludique est constituée de deux types de pièces: des chutes (57) ainsi que 7 pièces dans lesquelles on vient repousser l’adversaire sans le faire chuter, principalement pour se sortir d’une prise trop forte.

Le texte de la plupart des pièces présentant des chutes ne précise pas explicitement la partie de l’adversaire qui touchera le sol en premier toutefois, parmi celles qui le font, on constate que les chutes sur le dos sont majoritaires. L’interprétation des pièces mène à la même conclusion.

Le fait que quelques pièces se font en tombant avec l’adversaire et que la grande majorité restante ne précise rien à ce sujet, je suppose qu’il n’est pas considéré comme mauvais de tomber avec l’adversaire…point ouvert.

Il serait intéressant de compléter ces chiffres en quantifiant les moyens utilisés pour faire chuter en vue d’en voir la représentativité (attaque aux jambes avec les bras, sacrifice, hancher, etc.).

Les autres sources

A l’avenir, il serait bon de faire le même exercice sur d’autres sources…avis aux amateurs!

Au vu de ce que j’ai pu lire, je pense que la tendance générale sera respectée mais on pourra voir quelques additions à la marge permettant de comprendre l’étendu du répertoire technique de la lutte médiévale:

Conclusion

L’objectif de pratique d’une lutte ludique d’AMHE dans l’esprit du CW devrait donc porter sur le fait de faire tomber l’autre, si possible sur le dos…rien d’autre.

On pourra toutefois à loisir ajouter à notre pratique: contrôles, clefs, frappes et attaques à un point sensible tant que l’on garde à l’esprit la sécurité de nos partenaires d’entrainement et que l’on laisse l’ego au vestiaire en ayant une dose de compréhension contextuelle et de coopération lorsqu’on nous applique des pièces sensibles à intensité réduite.

Bonne pratique,

Alexander

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