Retour sur le stage de lutte pour l’escrime à l’épée longue

Bonjour à tous,

Le 15 mars dernier j’ai animé à Paris un stage de lutte pour l’escrime à l’épée longue.

Le stage visait à compléter le cursus pédagogique d’AMHE Paris mais était ouvert à tout amateur du maniement de l’épée longue de la tradition de Johannes Liechtenauer.

N’ayant fait que peu de communication, j’ai été surpris de voir autant de personnes extérieures au club. J’ai été content de revoir des amis et ravi de faire la connaissance de personnes de clubs franciliens que je ne connaissais pas encore. Au passage, je constate avec satisfaction que la quasi-totalité des clubs franciliens d’AMHE sont actifs au sein de clubs FFE…et que l’Ile de France n’est pas la seule dans ce cas.

Les préparatifs ont engendré un peu de stress avec la réquisition de notre salle d’armes par la mairie peu avant l’échéance mais Gaëtan et le staff de Paris Escrime ont assuré et nous avons fini par faire le stage dans le tout nouveau Centre Sportif Beaujon, soit l’état de l’art de ce qu’il faut pour pratiquer (tatamis neufs, salle haute, claire, vestiaires impeccables).  Merci à la mairie du 8e arrondissement pour la salle.

Mon seul regret est de ne pas avoir pu piquer une tête dans la piscine en fin de stage ^^.

Le stage en lui même m’a permis de me replonger dans les sources de la tradition liechtenauerienne et mes traités de lutte habituels (Ott, Codex Wallerstein, Fabian von Auerswald), conscientiser la façon dont je fais mes luttes en assaut et structurer la façon d’aborder la lutte dans notre programme pédagogique d’épée longue.

Des questions de Gaëtan et un assaut avec lui lors d’une démonstration d’épée longue quelques jours avant le stage m’ont beaucoup aidé dans la façon d’expliquer et de transmettre les particularités de la lutte dans un contexte d’escrime.

Durant le stage, nous nous sommes focalisés sur une seule technique de lutte (durchlauffen), la plus simple et la plus accessible à tous: le plaquage tel que présenté chez Meyer, le Codex Wallerstein et la plupart des traités de lutte médiévale.

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Plutôt que de présenter une collection de techniques, j’ai préféré me concentrer sur une seule mais permettre au stagiaires d’acquérir une nouvelle compétence directement applicable car ils comprendront les sous-jacents. Ce durchlauffen a donc servi d’excuse pour faire passer deux messages:

  1. La lutte est un des outils du joueur d’épée longue, en cela elle entre dans sa planification tactique
  2. Une fois qu’une lutte est initiée, un escrimeur doit savoir lutter pour conclure ou en sortir

De façon très pratique nous avons compris comment faire tomber l’adversaire avec cette lutte et ce qu’il faut pour l’amener (un chemin libre vers le corps de l’adversaire et franchir la distance). Pour traduire ça en escrime, nous avons vu que lorsque l’adversaire lance un oberhau, ses mains montent et il se rapproche de nous. En plus de nos choix tactiques habituels de parade, nachreisen, etc. nous avons donc l’opportunité de rentrer en lutte.

Une fois que nous avions tous compris comment profiter de cette opportunité et affiner notre timing afin de ne pas se faire punir d’une entaille ou d’un unterhau, nous avons vu comment contrer cette lutte qui est la plus couramment utilisée en assaut.

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Cette phase a été dense en lutte:

  • Contre au plaquage: sprawl et prendre le dos, faire passer l’adversaire par dessus soi
  • Enchainement si le plaquage ne réussit pas: faucher une jambe, passer dans le dos, prendre une jambe.

A l’image du MMA où le boxeur doit apprendre le Jiu Jitsu Brésilien pour savoir comment survivre au sol, se relever et utiliser ses poings, dans l’escrime à l’épée longue, il n’y a pas d’autre alternative pour sortir des griffes d’un lutteur que de savoir lutter:

S’il t’entre dedans, devance-le par la lutte

– MS Dred C487

Nous avons constaté qu’en sachant répondre au premier contact de manière adéquate, il est aisé de gérer l’adversaire en allant jusqu’à un contrôle au sol ou en recréant la distance si la lutte n’est pas notre fort.

Savoir venir au contact depuis une distance d’approche, savoir conclure en y restant ou choisissant d’en partir.

Pour finir, nous avons mentionné d’autres contextes d’utilisation de la lutte dans l’escrime à l’épée longue:

  • Le rusher dans l’approche
  • Sur un nachreisen
  • Dans l’abzug, etc.

Les instructeurs remarqueront que la lutte peut se travailler assez rapidement dans un programme pédagogique dès lors que sont maitrisées certaines compétences de base: savoir porter une attaque simple à la tête, savoir parer une attaque simple à la tête et riposter et maitriser les concepts de nachreisen et d’abzug.

Au final, on en conclut qu’en plus d’être cool, la lutte est indispensable et facile à travailler…même pour des escrimeurs! Vous n’avez vraiment plus d’excuses pour ne pas vous mettre à la lutte ;o).

Bonne pratique,

Alexander

(photos par Yann DBS)

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