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Noël

Voici une compilation des deux premières séances de drills que nous avons initiées ce mois ci à AMHE Paris afin de parfaire notre maîtrise de lutte médiévale dans le cadre de l’Opération Espadon. Les séances consistent à effectuer des répétitions sur un thème, généralement un type de pièce qui sera étudié sous tous les angles:

  • La pièce en elle même
  • Les contres prises
  • Les suites sur les réactions typiques et les contres prises
  • etc.

On applique différents exercices qui feront l’objet de vidéos sur la chaine Youtube d’AMHE Paris dans le cadre du projet d’Exercices du Moment. Ce type de séance se base sur une étude préalable du manuscrit et une connaissance des pièces par les participants, on effectue des répétitions et des exercices sur éléments techniques déjà vus et étudiés.

Sur la présente vidéo, sont déclinés deux thèmes issus respectivement des folios 16r et 36v du Codex Wallerstein (ramassement d’une jambe, prise du sapeur). Tout n’est pas parfait mais à force de pratique nous tâcherons de nous améliorer.

Même si ça ne transparaît pas dans la vidéo, ce type de séance rappelle en intensité certains cours de lutte/judo/JJB…

Joyeux Noël à toutes et à tous ^^.

Bonne pratique,

Alexander

Vidéos d’exercices

Salut à tous,

Après un temps de gestation, AMHE Paris lance les exos du moment! Nous enverrons de temps en temps de petits exercices que nous travaillons à la salle. Pour l’instant, nous allons nous concentrer sur l’épée longue mais nous effectuerons des digressions dans d’autres domaines que certains d’entre nous pratiquent (incluant la lutte).

Ces vidéos ont pour vocation de servir de source d’inspiration pour les pratiquants qui cherchent des exercices pour leurs séances d’entrainement.

La première video se trouve ici sur la chaine de notre association:

En complément voici deux vidéos d’exercices de lutte que j’ai précédemment publiées sur ma chaine. Désormais, je publierai mes vidéos d’exercices de lutte directement sur la chaine d’AMHE Paris (abonnez vous!).

Un exercice à alternatives:

Un jeu plus libre pour travailler les contrôles au sol:

Bonne pratique,

Alexander

Exercice: unterhalten & aufstehen

La lutte du Codex Wallerstein inclut des techniques de contrôle de l’adversaire au sol (unterhalten – tenir en dessous). D’autres, comme le Ringeck ou le groupe de manuscrits Die Blume des Kampfes (Codex 5278, Codex 10799), vont plus loin et abordent la façon de sortir de ces positions (aufstehen – se relever).

Pour une fois, je prends les choses à l’envers et je vous montre un exercice avant de traiter des techniques de contrôles au sol, les sorties et les liaisons debout-sol plus tard. Bien évidemment, avant de pouvoir s’attaquer à tout type d’exercice libre, il vaut mieux avoir quelques repères en tête et avoir travaillé les pièces.

Dans cet exercice les deux partenaires commencent dans un contrôle, l’un en position inférieure, l’autre en position supérieure. Le but de la personne en dessous est de sortir du contrôle et venir mettre son partenaire en position inférieure (il ne cherche donc pas simplement à créer de la distance et se lever). Le but de la personne au dessus est d’y rester.

Ce faisant les partenaires n’ont pas le droit d’utiliser de la force dans leurs gestes autre que par l’intermédiaire du poids naturel de leur corps. Ils ne doivent accepter l’inertie du geste de l’autre et l’utiliser pour atteindre son objectif (rester au dessus ou sortir d’une position de contrôle) sans créer de situation de blocage. On ne va donc pas serrer une position de contrôle, il faut toujours être en mouvement.

Cet exercice, inspiré des flow drills de jiu-jitsu brésilien (exemple 1, exemple 2), permet de comprendre la mobilité au sol, de trouver naturellement des transitions entre les differents contrôles et de travailler les sorties. Il permet également de développer sa créativité en explorant de nouvelles pistes et comprendre son corps ainsi la façon de « manipuler » son partenaire sans trop d’effort (c’est tendancieux ce que je dis!).

Avant tout c’est surtout très ludique et ça fait travailler le cardio!

Bonne pratique,

Alexander

Progression du pratiquant

MON CHEMINEMENT

En découvrant la lutte du codex wallerstein, j’ai commencé par essayer de comprendre chacune des pièces, en trouver une interprétation et dégager une vision générale de l’esprit de l’art. Puis j’ai fait des répétitions de chacune des techniques individuelles. Ceci a permis de bien en assimiler la mécanique et de les incorporer dans ma mémoire musculaire.

Malgré tout mes efforts, je me suis rendu compte qu’il était difficile de placer ces pièces en assaut. Pour débloquer ce problème, j’ai travaillé sur les préparations nécessaires à chaque pièce. Il s’agit d’une étape indispensable qui n’est souvent pas ou peu décrite dans les sources (par ex.: le fait de chasser les bras de l’adversaire avant de descendre pour ramasser les jambes – 42r).

Ça a bien très bien fonctionné…jusqu’à ce que mes adversaires s’habituent aux techniques et aux préparations et m’empêchent de faire quoique ce soit (par ex.: je tire mon adversaire légèrement en avant et sur le coté pour qu’il mette son poids sur la jambe avancée en vue de placer une traverse – 18v: donc il se tend un peu et je recule ladite jambe bloquant ainsi la situation et prévenant la pièce).

Frustré par ces situations de blocage nuisant à la fluidité que j’aime trouver dans les assauts, j’ai commencé à développer un jeu défensif basé sur des contres (par ex.: mon adversaire me tire en avant pour que je mette mon poids sur la jambe avancée en vue de me placer une traverse – 18v: donc au lieu de me tendre pour simplement éviter de tomber, je le laisse venir et au dernier moment je vais le contrer avec 19v).

Au fil des assauts, mes adversaires connaissent mon jeu, les pièces, leurs préparations, la façon de les prévenir et de les contrer.

C’est alors que je me suis rendue compte d’une chose somme toute évidente: il faut jouer avec un flux discontinu de pièces au lieu de penser à une technique donnée. C’est quelque chose que nous faisons déjà à l’épée longue et j’ai mis un certain temps avant d’avoir su l’appliquer à la lutte avant.

J’ai donc commencé à réfléchir aux differents enchainements explicites ou implicites entre les pièces des sources. Voici en guise d’exemple le fruit d’une séance de travail avec Sébastien sur des enchainements suite à un ramassement de jambe manqué:

On se retrouve donc à avoir des schemas tactiques en tête et dans notre mémoire musculaire avec des chaines d’événements planifiées ou sortant instinctivement avec une pièce initiale qui peut être contrée, finissant avec la victoire de l’adversaire, ou qui peut donner lieu à une suite si elle ne réussie pas mais que l’adversaire ne fait que bloquer sans menacer. Ça doit rappeler des choses aux pratiquants de l’épée longue liechtenauerienne: vor, nach, indes sont cités dans l’introduction du manuscrit, on comprend pourquoi maintenant…

Récemment, nous avons ajouté un type d’exercice qui commence à montrer ses fruits. Il s’agit pour A de travailler des répétitions d’une pièce donnée (pièce initiale). De temps en temps, son partenaire (B) va prévenir la pièce initiale sans menacer directement A (l’équivalent d’une parade toute bête à l’épée, qui couvre mais ne menace pas l’adversaire et n’aide pas à reprendre l’initiative). Sur cette réaction de B, A va garder le vor et suivre avec une autre pièce (enchainement). De temps en temps, B va contrer la pièce initiale de A, reprenant ainsi l’initiative (contre).

Si je reprend l’exemple plus haut:

  • A fait des répétitions de 18v (pièce initiale),
  • de temps en temps B recule la jambe avancée pour prévenir 18v, A en profite pour enchainer sur 39v (enchainement),
  • de temps en temps B, laissant A venir en 18v, contre la pièce en effectuant 19v (contre).

Lorsque l’on fait l’exercice, B doit laisser A faire des répétitions de la pièce initiale pendant la majorité du temps et ne faire ses contres et blocages (+ enchainement de A) que des temps en temps.

LA PROGRESSION DU LUTTEUR

Bien que trônant en haut de la chaine alimentaire de ma compréhension actuelle du sujet, ce type d’exercice n’est pas, à mon sens, à travailler d’entrée de jeu.

Je conseille plutôt le cheminement suivant (que je m’applique à suivre):

  1. A effectue des répétitions d’une pièce isolée avec B coopératif (compréhension mécanique).
  2. Idem que 1 en se focalisant sur le travail de préparation explicite de la source ou à trouver en cohérence avec son esprit (approfondissement).
  3. Idem que 2 mais l’adversaire n’est plus coopératif et se contente d’essayer de bloquer la pièce sans menacer (application de la préparation et découverte des moyens de prévenir la pièce).
  4. Sur une manière donnée de prévenir la pièce initiale, on va travailler un enchainement avec un adversaire coopératif: A effectue la pièce initiale, B bloque, A enchaine (introduction d’une dose de tactique: on commence à voir plus loin que la pièce en cours). B doit ponctuellement laisser A effectuer la pièce initiale sans bloquer pour lui faire garder une bonne posture. Avant cet exercice, on aura préalablement assimilé la pièce de cet enchainement grâce aux exercices des étapes 1 à 3.
  5. Idem que 2 mais l’adversaire n’est plus coopératif en ce qu’il va pouvoir de temps en temps contrer la pièce initiale de A. Avant cet exercice, on aura préalablement assimilé la pièce du contre grâce aux exercices des étapes 1 à 3.
  6. Idem que 5  et B peut de temps en temps se contenter de bloquer la pièce initiale comme en 4, sur quoi A devra suivre avec l’enchainement travailler.

Il est important d’avoir à l’esprit que A et B se font travailler mutuellement, chacun est le coach de l’autre et doit l’aider à progresser et à travailler. Il faut être un bon partenaire d’entrainement, c’est en aidant les autres à progresser qu’un pratiquant progressera mieux lui même.

Ces exercices progressifs permettent d’assimiler la mécanique des pièces, de comprendre comment elles s’insèrent dans un jeu global et de développer un sens tactique (comment la pièce fonctionne, comment elle interagit avec les autres pièces et les réactions de mon adversaires, comment profiter et jouer avec tout l’ensemble).

Si vous souhaitez suivre ce cycle, voici quelques exemples pour vous aider. Il s’agit d’exercices (point 6) travaillés à l’occasion de l’atelier de lutte des Rencontres AMHE du Mans le 8 décembre 2012 (4 exercices au sein d’une chaine d’événements utilisée comme fil conducteur sans constituer un exercice en soi – travailler une séquence prédéfinie trop longue n’étant pas le plus pertinent):

exo

Après avoir fait ce cycle pour divers exercices, on a suffisamment de repères pour essayer de travailler dans un cadre plus libre et arriver à pratiquer et conclure des assauts de manière fluide sans rester bloquer parce « je ne savais pas quoi faire ». Par exemple: A reste dans le vor et doit enchainer pièce sur pièce alors que B se contente de bloquer et se permet de temps en temps de placer un contre à une pièce de A. Il est important ici que A enchaine des pièces librement, sans les avoir préalablement fixées afin de travailler sa créativité et de pouvoir travailler de façon continue sans s’interrompre. Cet exercice peut se faire à divers degrés de vitesse et de résistance…et constitue un très bon moyen de travailler son cardio!

Bonne pratique,

Alexander